Lundi 23 mars 2009

23 mars 2009


"En Europe, c'est la droite qui gouverne"


Vincent Peillon a présenté, lors de la Convention nationale du PS de samedi dernier, la liste qu'il mènera dans la circonscription Sud-Est en vue des élections européennes du 7 juin prochain.
Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Lundi 16 mars 2009
 



« Elle a jonché d'or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l'ampleur m'a fait me fissurer
Ode à la vie
Ode à la parodie
Ode à la poésie
Ode à la vie
Ode à la vie... »

Alain Bashung, Ode à la vie


La musique, disait-il, m'a donné la parole. Et aussi : « Depuis le début, j'ai eu envie de donner la parole à ceux qui n'ont pas une grande gueule. J'en fais partie. » Alain Bashung aimait les réservés, ceux qui en tiennent pour la nuance. Son élégance nonchalante était bien plus qu'une esthétique : une éthique dont, jusqu'au bout, il ne s'est pas départi.

Une génération après l'autre a fredonné ses titres impeccablement ciselés, dont la poésie faisait corps avec la musique car le son, dans son oeuvre, raconte autant que les mots. On l'a dit le plus sophistiqué des rockers français. Il concevait le rock comme une incitation à s'affranchir des structures qui emprisonnent,. Comme une invitation à explorer d'autres formes musicales, métissées de blues, de jazz ou de country urbaine. Comme une façon d'emmener son public vers d'autres rivages, au-delà des « lacs gelés » qu'un jour, il avait juré d'enjamber (A perte de vue).

Son amie Brigitte Fontaine l'appelait « le rigolo ténébreux ». Pour moi, il restera cet équilibriste du style, audacieux et subtil, trop libre pour entrer dans une case. Il nous avait d'ailleurs prévenus dans Retours : « Surtout ne me colle pas d'étiquette, ça n'adhère pas, j'ai essayé ».

Il disait concevoir ses albums à la manière d'un metteur en scène et ses chansons comme autant de petites maisons s'inscrivant dans un paysage d'ensemble, avec un rythme pour chaque phrase et un grain pour chaque texte. Ainsi, ajoutait-il, « on ne se retrouve pas avec une chanson qui n'a rien à voir avec l'humanité de l'autre. »

Bashung se moquait que certains qualifient de professionnellement suicidaires des virages musicaux qui étaient sa manière exigeante d'être fidèle à lui-même et la marque d'une méfiance toujours en alerte contre « les idées resucées comme un chewing-gum usagé ». Il avait donné à un précédent album le beau titre d'Imprudence, « le mot, disait-il, de toute une vie », grâce auquel les portes s'ouvrent.

Parce qu'il respectait son public, Alain Bashung estimait ne pas devoir dicter, asséner, imposer une façon de voir et de ressentir. Il ne voulait pas « souligner en rouge une interprétation et une seule » mais plutôt suggérer, laisser imaginer, « raconter de biais » et, toujours, préserver plusieurs niveaux de lecture. Il excellait à exprimer ces fêlures intimes que chacun porte en soi, les fragilités enfouies et les rêves obstinés dont chaque vie est tissée.

Avec Bleu Pétrole, il avait fait le choix de nous livrer un regard sur le monde qu'il voulait « humblement politique » quoique toujours ennemi du premier degré. Dans ce superbe album, son dernier, il confiait ses sentiments sur l'époque et les questions qu'elle pose aux « résidents de la République ». Il revendiquait, pour son titre, plusieurs sens possibles, l'ambivalence de ce pétrole à la fois « sang dans les veines de la société », moteur d'innovations technologiques et fauteur de pollutions, de conflits, de morts. Pétrole évocateur d'une geste héroïque de l'industrialisation et vecteur de  nos crises actuelles. Il avait rappelé la mémoire de ces chanteurs qui se tenaient aux côtés des ouvriers en lutte et des syndicats américains naissants, comme Woody Guthrie guitare au poing face aux milices briseuses de grèves. « Je retiens, disait-il, la grandeur de ces combats. »

Mais aujourd'hui, ajoutait-il, on ne sait plus très bien avec quelles armes et contre qui lutter, car « l'ennemi semble invisible, caché derrière des armées d'actionnaires ». Il n'en tirait aucune réponse désabusée mais, au contraire, cette belle définition du rôle des artistes dans leur société : montrer que les rêves peuvent percer le brouillard en donnant le goût d'autres possibles.

Il y a tout juste un an, évoquant le propos général de ce dernier album, il nous posait cette question : «  Etes-vous équipé, quasiment comme le serait un explorateur à la veille d'une aventure, pour survivre dans l'avenir ? Disposez-vous du matériel, des sentiments, de la force intérieure, des convictions nécessaires ? » Il ajoutait ceci, bien à sa manière : « Moi, j'ai des doutes et j'ai envie de dire : réfléchissons-y ensemble. » Il n'est plus là pour y penser avec nous et poser ses mots justes sur les choses de la vie et les énigmes du temps qui vient. Mais ses chansons magnifiques continueront de nous parler.

Jadis, Alain Bashung pensait mourir jeune, aux alentours de 25 ans, et ne pouvoir arracher à ce bref trajet qu'un petit lot d'expériences intenses et fortes. Il nous a, pour notre bonheur, accompagnés plus longtemps sans que jamais s'érode, d'un album à l'autre, ce pouvoir de surprendre, d'émouvoir, d'enchanter, d'une liberté encourageant la nôtre. J'ai eu la chance de l'accueillir l'été dernier, aux Francofolies de La Rochelle. Nous le savions gravement malade. Il fut, sur scène, d'une générosité intacte. Car il était ainsi, Bashung : donnant sans peser, homme de tenue et de retenue, de courage sans pathos, de lucidité sans cynisme.

Musicien, auteur, interprète, comédien, il nous laisse ce qui constitue, pour moi, le fil conducteur de son immense talent aux multiples facettes : une exceptionnelle leçon d'humanité.



Ségolène Royal


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Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Mardi 10 mars 2009

Les Royalistes voteront les listes aux européennes.

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Par Asse42
le 10/03/2009, vu 856 fois, 42 nombre de réactions
 
Info non vérifiée par la rédaction du Post.
L'opinion exprimée n'engage que son auteur.

 



Le message est clair et il est signé par l'ensemble des élus de la motion E et du courant EAG. Vote quasiment à l'unanimité même si on peut penser que quelques-uns ne souhaitent pas le ratifier.

Le message est en tout cas clair: Il est hors de question de jouer la division ou la fronde contre la direction.


Voici l'article du NouvelObs:


Le courant "L'
espoir à gauche", qui regroupe les partisans de l'ancienne candidate à la présidentielle, souligne que "la quasi-unanimité" de ses représentants votera oui lors de la consultation des militants, organisée jeudi.

 

Ségolène Royal avec Vincent Peillon et Manuel Valls (Sipa)


Ségolène Royal avec Vincent Peillon et Manuel Valls (Sipa)


L
es amis de Ségolène Royal ont annoncé mardi 10 mars qu'ils approuveraient de la composition des listes du Parti socialiste pour les élections européennes. Le courant "L'espoir à gauche", qui regroupe les partisans de l'ancienne candidate à la présidentielle, souligne que "la quasi-unanimité" de ses représentants au sein de la direction votera oui lors de la consultation des militants, organisée jeudi.

"Quasi-unanimité"


"La direction nationale de 'L'espoir à gauche', réunie mardi, rappelle que la quasi-unanimité de ses représentants au bureau national et au conseil national vont voter pour les listes européennes soumises au vote des adhérents jeudi", indique-t-elle dans un communiqué.
Le texte est signé par les sénateurs François Rebsamen et David Assouline, les députés Jean-Louis Bianco et Manuel Valls, l'eurodéputé Vincent Peillon et le maire du premier secteur à Marseille, Patrick Mennucci.
"L'enjeu du vote des militants jeudi, en ratifiant les listes, est de mettre le
PS dans la meilleure position pour convaincre à voter socialiste aux élections européennes de juin", souligne David Assouline.

La fronde de Gérard Collomb


Une fronde s'est organisée autour du sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, également partisan de Ségolène Royal, contre les listes établies par la direction en vue des européennes de juin.
Le maire de Lyon devait rencontrer Martine Aubry lundi pour discuter de la composition des listes. Mais il a finalement refusé le tête-à-tête que lui proposait la première secrétaire du PS, réclamant d'être reçu avec une délégation. Gérard Collomb revendique 600 signataires pour 
la pétition qu'il a lancée contre les listes établies par la direction, à laquelle les royalistes participent désormais.

Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Mardi 10 mars 2009

"Docteur Vincent et Mister Peillon, la double vie d’un intellectuel" (La Croix)

Lacroixmini












Vendredi dernier, le quotidien "La Croix" consacrait, sous la plume de Mathieu Castagnet, une double-page à l'itinéraire politique de Vincent Peillon. En voici la retranscription.




Professeur de philosophie, il aborde presque par hasard les rives de la politique. Entre la plume et l’action, le porte-parole de Ségolène Royal pendant la présidentielle est aussi à l’aise pour parler philosophie que pour disséquer les courants du Parti socialiste



Voilà un homme paradoxal. Capable de produire des livres érudits sur l’histoire des idées philosophiques et tout aussi à l’aise dans la mêlée des courants du Parti socialiste.


Vincent Peillon peut, dans une même conversation, disserter sur les acquis de la Révolution française et disséquer les coups bas de ses camarades. S’enthousiasmer sur la réédition d’un livre rare et s’appesantir sur les équilibres internes d’une obscure section des Bouches-du-Rhône. Citer les auteurs classiques et multiplier les petites phrases assassines.


Docteur Vincent et Mister Peillon, un intellectuel et un homme d’appareil. Deux facettes qui ont souvent dérouté les socialistes et ceux qui les observent.



L'amour de la sagesse




Pour comprendre la complexité de Vincent Peillon, il faut revenir à la philosophie, là où plongent les racines de sa formation intellectuelle. Son goût pour les idées, raconte-t-il, vient d’une tradition familiale et de rencontres marquantes.


Côté famille, il affiche un père « banquier et communiste » et une mère chercheuse. Il souligne aussi combien il fut marqué par sa grand-mère maternelle, « juive et républicaine, avec la passion de la France ». « Elle m’a offert pour mes 12 ans des livres de Bergson et les Principes de médecine expérimentale de Claude Bernard. Vous voyez le genre… »


Côté rencontre, deux personnages vont lui ouvrir les portes de la philosophie. Le premier est le père d’un de ses amis de classe. « Aimé Patri est un type qui m’a fasciné dès le début. C’était un philosophe caricatural, petit, avec une canne, trônant au milieu d’une immense bibliothèque. »


L’autre personnage sera un ami de la famille, Jean-Pierre Vernant, historien, spécialiste de la Grèce antique. « Un grand résistant, un grand militant, très engagé dans la vie de la cité. » Inspiré par ces deux modèles, Vincent Peillon se plonge dans les délices de la philosophie, jusqu’à l’agrégation et au doctorat. « Durant toute ma jeunesse, la philosophie a été mon continent intérieur, meublant toute ma vie. »



Peillon traîne sa plume au milieu des éléphants



Vincent Peillon, alors, est encore loin des rivages de la politique. Il va les aborder presque par hasard, au tout début des années 1990. C’est d’abord Pierre Moscovici qui repère ce professeur à l’école normale de la Nièvre, au moment où Lionel Jospin occupe le ministère de l’éducation nationale. Des contacts se nouent.


Ensuite, il se voit approché par Henri Weber, un des lieutenants de Laurent Fabius, qui cherche une plume pour son patron. Un agrégé de philosophie, évidemment, cela fait sérieux. « C’était l’occasion d’arrondir mes fins de mois tout en découvrant un monde nouveau. » Désireux de ne pas le voir filer à la concurrence, Pierre Moscovici le récupère alors pour le remettre dans la galaxie de Lionel Jospin. Ce sera aux côtés d’Henri Emmanuelli, alors président de l’Assemblée nationale.


Le voilà à l’Hôtel de Lassay « avec pour la première fois de ma vie un beau bureau et une secrétaire ». Il écrit les discours et « travaille autour de l’idée républicaine pour un livre que prépare Henri Emmanuelli mais qui ne verra jamais le jour ».


Jospin, Fabius, Emmanuelli. En quelques mois, Vincent Peillon côtoie trois des éléphants qui vont marquer la vie interne du PS au fil des décennies. Il prend alors sa carte « par correction » au moment même où le parti sait qu’il va toucher le fond. « C’est le prêt Bérégovoy, l’affaire Urba, le sang contaminé… » Inéluctable, la défaite aux législatives de 1993 vire à la déroute.


Victime collatérale, Vincent Peillon est renvoyé bon gré mal gré à son métier de professeur de philosophie. « Cela me passionnait, mais j’avoue que j’avais pris goût à la politique. » Il saute donc sur la proposition de coordonner les travaux du groupe des experts du PS, piloté par Dominique Strauss-Kahn. La double vie continue. « Je donne mes cours et je fonce ensuite avec ma vieille voiture rue de Solférino où personne ne sait vraiment ce que je fais. »



L'avenir dure longtemps



L’idée de sortir de l’ombre et de passer à l’action le démange, d’autant que le congrès du PS approche. Il commence par rédiger un texte qui a vocation à rassembler tous ceux qui veulent rénover le parti. « Mais ils se défilent, alors je décide de continuer tout seul ou presque. » La contribution s’appelle « L’avenir dure longtemps », titre emprunté à un philosophe, évidemment, en l’occurrence Louis Althusser.


Alors que tout le PS fait bloc derrière Henri Emmanuelli, la motion des jeunes rebelles recueille néanmoins 8 % des voix. Dans un PS qui vit au rythme des rapports de force établis dans les congrès, Vincent Peillon a gagné ses galons. « À 34 ans, j’entre au bureau national, j’arrive au milieu des barons du parti alors que je n’ai ma carte que depuis trois ans. »


Voilà l’homme d’idées devenu homme de parti. Un prolongement naturel, assure-t-il : « Les philosophes marquants sont ceux qui ne se sont pas contentés de l’érudition, qui ont choisi de se mêler aux autres, d’inscrire leur conscience dans la cité. »


Entre les deux mondes, toutefois, le choc s’avère brutal. « En philosophie, on raisonne de façon positive, on s’efforce de toujours trouver du sens à ce que dit l’autre. La politique, c’est exactement l’inverse. Chacun caricature la pensée de l’autre. Tout le monde ne voit que le pire, soupçonne derrière chaque geste des intentions mauvaises, des ambitions personnelles. »



L'Europe : un non qui voulait dire oui



Vincent Peillon, pourtant, va creuser méthodiquement son sillon. Dans le sillage de Lionel Jospin, il sera la plume du candidat pour la campagne de 1995. Il revendique d’ailleurs d’être l’auteur de la formule « droit d’inventaire » utilisée pour se démarquer des périodes d’ombres de François Mitterrand. « Je l’avais mis plusieurs fois dans des ébauches de discours. Il ne l’avait jamais reprise. Et puis tout à coup il se lance, justement le jour où j’avais amené mes enfants au meeting. ça fait quelque chose. »


Après la défaite honorable du candidat socialiste, il se cherche un fief électoral. Ce sera la Somme, où il est élu député en 1997. « Merci Chirac et la dissolution ! » Lionel Jospin entre alors à Matignon ; lui prend ses quartiers rue de Solférino et devient en 2000 porte-parole du PS. Mais l’aventure de la « gauche plurielle » finit un certain 21 avril 2002, dès le premier tour. Dans la foulée, il perd l’élection législative.


Vincent Peillon, qui n’a alors plus aucun mandat, fait un bref retour dans le monde des idées, au CNRS, où il poursuit ses recherches sur Ferdinand Buisson, en vue d’un livre à paraître prochainement. Mais la politique ne le quitte plus et il profite des élections européennes de 2004 pour se reconvertir en député européen. Une opportunité plus qu’une vocation. « Il m’a fallu un peu de temps pour appréhender l’importance de ce mandat, comprendre combien la question européenne est devenue centrale. »


Ces années seront aussi marquées par les déchirements du PS sur la construction européenne. Opposé au traité constitutionnel, Vincent Peillon estime avec le recul « que notre non qui portait l’exigence de plus d’Europe n’a pas été compris». Sans doute, admet-il, « parce qu’il s’est mélangé avec des voix anti-européennes, y compris au sein du PS ».



L'envie de responsabilités



Présent à Strasbourg, Vincent Peillon fait aussi fructifier son Nouveau parti socialiste (NPS), le courant qu’il a créé avec Arnaud Montebourg. Au congrès du Mans, en 2005, pourtant, leur tandem vole en éclats. La rupture reste douloureuse. « Maintenant on se serre la main, mais guère plus », regrette-t-il.


Vient ensuite le temps de l’alliance avec Henri Emmanuelli et Benoît Hamon. Le trio explose avant la présidentielle, lorsque Vincent Peillon prend parti pour Ségolène Royal dans la course à l’investiture présidentielle.


Jusqu’alors plutôt classé à la gauche du PS, le choix de Vincent Peillon en faveur de la candidate de « l’ordre juste » surprend. Lui assure être resté cohérent. « Depuis que je suis au PS je plaide pour la social-démocratie et la rénovation. Ségolène était et reste toujours la plus à même de l’incarner », insiste-t-il.


Porte-parole de la candidate durant la campagne présidentielle, il ne rechigne pas à se faire son « porte-flingue », fustigeant les « malfaisants », dénonçant le « vol » lors du scrutin où Martine Aubry devance d’un demi-cheveu Ségolène Royal… « C’était le congrès. Cette page est tournée », minimise-t-il aujourd’hui.


Toujours partisan de l’ancienne candidate, même s’il se dit « parfois surpris par sa façon de fonctionner », Vincent Peillon a repris sa liberté. Chef de file de L’espoir à gauche, le courant qui fédère les « royalistes », il estime que sa génération « doit maintenant prendre ses responsabilités ». Après avoir si longtemps arpenté le salon des idées comme les cuisines de la politique, il aspire ouvertement à jouer les premiers rôles.

Mathieu CASTAGNET

* * *

 


CONTREPOINT



Jean-Louis BOURLANGES : "Vincent Peillon, Un esprit libre"

(ancien député européen et ancien vice-président de l’UDF)
 


« J'ai de la sympathie pour Vincent Peillon car, avec quinze ans de moins que moi et une efficacité bien supérieure, il vit en perma­nence la compatibilité difficile de la liberté de l’esprit et de l’engagement partisan. Je parle d’esprit libre et non d’intellectuel. Pour l’intellectuel, “de gauche, forcément de gauche”, les idées sont des armes et les livres des dépôts de munitions. Il en va tout autrement de l’esprit libre : à ses yeux la lecture est un havre, une parenthèse de civilisation dans un monde de brutes. Comme moi, Vincent Peillon préfère le train à l’avion, pour une raison simple : on y est tranquille suffisamment longtemps pour lire, songer et causer en toute quiétude. Le train Paris-Strasbourg, c’est pour lui deux heures vingt de Bergson et de Léon Bourgeois interjetés entre le sérail pour étrangleurs de la rue de Solferino et l’agitation brownienne du Parlement de Strasbourg.

 

Les intellectuels sont nombreux en politique et sou­vent produisent le pire car ils ont le double défaut de se prendre pour Dieu le Père, ce qui, quand on ne l’est pas, porte à l’abus de pouvoir, et de vouloir plier à toute force le monde réel dans les moules préfabriqués de l’idéologie. Le risque de telles dérives est épargné à l’esprit libre mais il ressent à l’inverse toujours et partout le sentiment aigu de l’imperfection des cho­ses et de l’inaccomplissement du désir. Corneille du socialisme, Vincent Peillon aime son parti tel qu’il devrait être et non tel qu’il est.

 

L’intellectuel chérit la simplification rassurante du monde que procure l’engagement. Ce confort, et le cortège d’horreurs consenties dont il est le prix, sont refusés par l’esprit libre. Celui-ci vit douloureusement l’amputation permanente qu’impose à ses rêves et à ses affections une réalité tristement réductrice et abusi­vement polémique. Hussard transcourants d’un parti dont il chérit les multiples visages sans jamais pouvoir s’arrêter à l’un d’entre eux, Vincent Peillon aime trop les socialistes pour s’identifier durablement à une partie seulement de ce grand tout qu’il a voulu embrasser.

 

Or, voir de l’autre côté, c’est déjà ne plus être tout à fait du sien. Peillon a suivi Jospin et Fabius, apprécié Arnaud et réprouvé Montebourg, initié Benoît Hamon et emboîté le pas à Ségolène Royal. Il a voté non à la Constitution européenne tout en pensant dire oui à l’Europe. Face à la guerre des détaillants, il a la sagesse olympienne du grossiste. Sa chance, ce serait d’être un jour l’homme de tous les socialistes. Son risque, de n’être celui d’aucun d’entre eux. Bonne chance Vincent ! »


05 mars 2009


"Nous avons besoin de l'Europe, mais l'Europe a besoin des socialistes"



Vincent Peillon était ce jeudi à Marseille aux côtés de ses futurs colistiers, pour parler d'Europe et préparer le lancement de la campagne des élections européennes du 7 juin prochain.

02 mars 2009


"La seule région où je souhaitais aller"


Vincent Peillon a répondu ce matin aux questions de François Tonneau pour le quotidien "La Provence". Il s'est exprimé sur sa désignation comme tête de liste PS de la grande circonscription Sud-Est en vue des élections européennes de juin prochain.



"La Provence" : Cette nomination est-elle vraiment un "crève-coeur" ?

Vincent Peillon : Je fais de la politique en vérité et en sincérité. Pendant quinze ans, j'ai travaillé dans le Nord-Ouest où j'ai tissé des liens importants. J'ai utilisé le mot "crève-coeur", oui, mais il y a une deuxième partie à cette phrase: j'avais envie de passer à autre chose. On m'avait proposé l'Est et le Centre, mais le Sud-Est est la seule région où je souhaitais et où j'ai accepté d'aller.


- Pour quelles raisons ?

V.P. : Chez vous, j'ai trouvé des gens sincères. Je suis très heureux de l'accueil et de la loyauté de personnes telles que Jean-Noël Guérini, qui a montré qu'il était aussi un grand dirigeant national.


- Il dit toutefois vouloir s'en tenir à ses ambitions locales...

V.P. : Il est très attaché à Marseille et à son département. Cela lui permet d'avoir un rôle de sage au niveau national. Même s'il n'en a pas envie, il le joue de facto. Quant à Patrick Mennucci, je lui fais une totale confiance. Il sera mon directeur de campagne. Je serai dès demain dans le Sud-Est et jeudi à Marseille.


- Vous n'en voulez donc pas à Martine Aubry d'avoir insisté pour cette nomination ?

V.P. : Elle considère qu'après le départ de Michel Rocard, cette région que je connais bien méritait une attention particulière. Elle a une importance économique et une tradition socialiste fortes. En outre, il y a ici une vraie volonté politique d'ouverture.


- Les plaies du Congrès de Reims sont-elle refermées ?

V.P. : Cette page est tournée. On a souhaité un rassemblement sur les Européennes. Rassemblement qui, par rapport au contexte de la crise et de cette échéance, est indispensable. L'épisode est clos, même si ces batailles laissent des traces. Personne ne se serait attendu à ce qu'on soit allé si vite. Je suis content que le parti soit en ordre de marche.


- On a cru comprendre que vous vous détachiez de Ségolène Royal...

V.P. : Nous sommes nombreux à l'avoir aidée. Nous formions le premier collectif du parti lorsqu'elle était candidate. Ni elle, ni nous ne sommes enfermés dans un courant pour autant. Il y a de l'amitié et du respect avec Ségolène Royal, que je verrai demain matin. Mais nous gardons toute notre liberté. La seule préoccupation est l'intérêt de la gauche et du PS.


- Quel est votre objectif pour ces Européennes, dont vous serez aussi porte-parole national ?

V.P. : En France, on ne parle pas assez d'Europe, c'est regrettable. L'Europe joue pourtant un rôle déterminant, y compris au niveau local. Je ferai une campagne dans ce sens, l'objectif étant de faire le mieux possible. Nous allons attirer les regards. Nous ferons un grand meeting national à Marseille.


- Que pensez-vous du mot "parachutage" ?

Il ne me plaît pas. L'Europe ne s'arrête pas aux frontières d'une région, les idées socialistes non plus.


Par
François Tonneau
Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Jeudi 19 février 2009






 


Dépêche de l'agence AP du 19 février 2009

 

Ségolène Royal estime que Sarkozy fait du "saupoudrage" et réclame "un moratoire de la dette des ménages"


Jeudi 19 février, 14h39


Ségolène Royal a déclaré jeudi à propos du sommet social de l'Elysée la veille que Nicolas Sarkozy faisait du "saupoudrage", réclamant "un moratoire de la dette des ménages, liée au logement" pour relancer la consommation.

"On attendait des décisions plus radicales de la part du chef de l'Etat. On ne voit pas bien quel est le choix économique. Ça manque d'envergure", a-t-elle ajouté dans le cadre d'un déplacement à la Maison des syndicats à Châtellerault (Vienne), tout en reconnaissant que "des choses vont dans la bonne direction. Nicolas Sarkozy commence à lâcher un peu sur le pouvoir d'achat, mais il faut aller plus loin car on sait que la lutte contre la déprime économique viendra du maintien et de la relance de la consommation".


La présidente PS de la région Poitou-Charentes a ensuite fait deux propositions "concrètes". Selon elle, "l'Etat doit entrer dans le capital des banques comme en Allemagne et doit exiger d'elles, par une loi, qu'il y ait un moratoire de toutes les dettes liées au logement pour les Français modestes et moyens, pendant 12 mois".

Pour elle, il s'agit "d'une mesure de justice, très efficace et populaire" qui donnerait "une bouffée d'oxygène".

Ségolène Royal a jugé "anormal que des gens soient endettés parce qu'ils ont perdu complètement ou partiellement leur emploi et payent, pour régler leurs loyers, 18% de taux d'intérêt à des banques qui ont été renflouées par l'Etat Français".


Elle a ensuite demandé à l'Etat, pour les salariés licenciés ou au chômage partiel, "une garantie de maintien de salaire" comme elle le fait en Région Poitou-Charentes. "Avec notre contrat de sécurité professionnelle, nous maintenons 90% du salaire, jusqu'à une fois et demi le SMIC, pendant 18 mois. Ce que nous réussissons ici pourrait très bien être fait au niveau national", selon elle.

"La cohérence de ces deux propositions, extrêmement claires, est de maintenir et relancer la consommation", a conclu Mme Royal.

 


 

Note d'information sur le bassin d'emplois de Châtellerault

 

Le contexte du bassin d’emplois de Châtellerault


Le bassin d’emploi a subi, de septembre à décembre, la baisse des recrutements dans les entreprises de la métallurgie et la baisse de l’emploi de l’intérim. Plus de 600 emplois supprimés.

Depuis la fin de l’année 2008, les plans sociaux s’enchaînent dans les principales entreprises de la métallurgie. Leurs sous-traitants sont dans leur grande majorité en difficultés.

Le bassin d’emploi est tourné autour de la mono industrie mécanique. Il comprend beaucoup d’équipementiers automobiles et de sous-traitants de second rang.

 

Les principaux plans sociaux


- New Fabris (équipementier automobile de PSA et Renault). Suppression des 2/3 des emplois. Plus de 220 licenciements.

Pour New Fabris, la Région a soutenu la reprise de l’entreprise par le groupe ZEN à la demande des salariés (sauf la CGT, qui ne s’était pas prononcée), il y a 18 mois. C’était à l'époque le meilleur projet sur le plan social et économique. Le groupe ZEN devait investir 12 millions d’euros et apporter 30 % d’activité supplémentaire sur le site de Châtellerault.


Lors d’une rencontre à Bercy avec le directeur du cabinet de Luc Châtel, les salariés et les élus de la Région ont demandé l’activation du fonds automobile de 600 millions d’euros pour racheter temporairement l’entreprise Fabris en attendant des jours meilleurs et trouver un partenaire industriel. Le gouvernement, comme pour les banques, ne souhaite pas rentrer dans cette démarche (c’est pourtant ce que fait Obama dans son nouveau plan automobile aux Etats Unis).

- Fermeture de Isoroy en juin 2009 (construction de panneaux bois pour les maisons à ossature bois). Suppression de 96 emplois.


Le groupe invoque une unité de Châtellerault plus compétitive. Elle n’est plus assez moderne et la production ne correspond plus aux standards du marché pour les maisons à ossature bois. Le groupe Samoe (Portugal) propriétaire de Isoroy fait des bénéfices depuis 10 ans, sans investissement.

La Région a indiqué aux dirigeants de l’entreprise que la stratégie était inacceptable. Ils ont en effet une responsabilité vis-à-vis des salariés et du territoire et il leur appartient de tout faire pour trouver un repreneur.

- Valeo (équipementier automobile). Plus de 160 suppressions de postes annoncées.


Un plan international prévoit la suppression de 5 000 licenciements dont 1 600 en France. L’usine de Châtellerault est fortement touchée par ces mesures.

- Fortes mesures de chômage partiel aux Fonderies du Poitou (sous-traitant automobile pour le groupe Fiat et ex-Renault)

- Début de chômage partiel à Magnetti Marellie (sous-traitant automobile)

- Début de chômage partiel à Hutchinson (sous-traitant automobile)

- Menace d’un plan social à Fenwick (construction de chariot élévateur)

 

Toutes les grandes entreprises nationales en difficultés faisaient appel à des sous-traitants locaux qui sont par conséquents également en difficultés économiques.

L’Etat a récemment annoncé la mise en œuvre du Contrat de Transition Professionnelle sur le Châtelleraudais (80 % du salaire brut assuré pendant une durée maximum de 12 mois). Depuis l’annonce sont apparues des conditions restrictives dans la mise en œuvre du CTP.

 

Mesures nouvelles à proposées aux salariés du bassin d’emploi de Châtellerault

- Extension du C.R.S.P.P (Contrat Régional de Sécurisation des Parcours Professionnels) aux salariés en entreprise. Il est actuellement limité aux personnes licenciées

La Région va étendre la mise en place du contrat régional de sécurisation des parcours professionnels aux salariés des entreprises qui envisagent des plans sociaux ou d’importantes mesures de chômage partiel.

Le CRSPP sera une mesure évitant le recours au chômage partiel et aux licenciements. La rémunération sera de 90 % du salaire net et limitée aux salariés touchant moins de 1,5 fois le SMIC.

Cette mesure sera proposée pour les salariés ayant choisi de s’engager dans une formation.

- Développement du micro-crédit social

La Région a lancé un nouvel appel à projet lors de la Commission paritaire du 26 janvier dernier. Ceci doit permettre de développer le micro-crédit en région. L’objectif est d’aider les salariés victimes de plan sociaux.

Un partenariat est à l’étude, notamment avec le CREDES (qui regroupe les 500 Comités d’entreprises de la région, soit 540 000 salariés pour faire le relais auprès).

 
Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Lundi 16 février 2009

Ségolène Royal Gaulliste.

 


Ségolène Royal inscrit sa vision de la politique étrangère dans les pas de celle du général de Gaulle. Sa tribune publié ce jour dans le Monde en est dans le droit fil.


Dans ce billet Ségolène Royal reprend à son compte la volonté exprimée par de Gaulle de faire de notre pays un pont entre les civilisations et les cultures. C'est ainsi qu'il défendait farouchement l'indépendance de la
France vis-à-vis de la vision anglo-saxonne du monde. Ségolène Royal va plus loin en intégrant cette réflexion à l'Europe toute entière. Pensant que c'est à ce continent d'affirmer son rôle de médiateur.
En nous intégrant dans l'
Otan nous choisissons officiellement un camp contre l'autre dans les conflits à venir. Comment pourrions-nous exprimer une parole différente sans trahir notre engagement? Cela revient donc à nous mettre pieds et poings liés dans la vision occidentale du monde.


Cette vision sur le rôle de la France dans le monde, elle la partage avec les Gaullistes historiques que sont Villepin ou Chirac dans la politique étrangère. Ce n'est pas une trahison de son camp socialiste c'est un dépassement politique de son camp, qui d'ailleurs ne s'est pas encore exprimé officiellement sur ce sujet brûlant puisqu'il va nous engager pour les prochaines années.
Cette union de pensée entre Ségolène Royal et les Gaullistes n'est pas nouveau, déjà pendant la campagne présidentielle elle avait reçu le soutien des gaullistes et notamment celui de Mr Jeanneney Gaulliste historique et ancien ministre de De gaulle. La vraie descendante de De gaulle c'est elle et non pas sarkozy.


La personnalité politique de Ségolène Royal est donc un véritable atout pour le pays parce qu'elle fait la démonstration qu'elle peut être respectée autant par les gaullistes que par les altermondialistes. Sa capacité à affirmer ses pensées sans se cloisonner dans son camp est un avantage indéniable pour construire une société nouvelle dans l'apaisement.


Voici sa vision de la
défense pour notre pays et l'Europe:


Ségolène Royal discours sur la défense
. Durée 42'19. Envoyée par
segolene-royal.



Entretien vidéo avec Mr Jeanneney:


Entretien avec Mr jeanneney 1/6
. Durée 2'55. Envoyée par Partisocialiste.


Dans cet entretien Mr Jeanneney explique son soutien à Ségolène Royal et quels sont les traits de personnalité communs entre le général et Ségolène Royal. Les autres parties sont sur le coté de la vidéo.


ASSE 42


http://www.lepost.fr/article/2009/02/16/1426483_segolene-royal-gaulliste_1_0_1.html 

 

Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Lundi 16 février 2009


Tribune de Ségolène Royal parue dans
Le Monde, daté du mardi 17 février 2009.

 

"Si l'élection du président Obama a d'abord réconcilié l'Amérique avec elle-même, elle a aussi posé les fondements d'une réconciliation de l'Amérique avec le reste de la planète. En dénonçant avec courage l'aveuglement de la puissance brute, en acceptant d'écouter le monde tel qu'il est, complexe, riche, mais aussi fragmenté et imprévisible, en plaçant sa confiance dans le dialogue avec tous plutôt que dans le coup de poing solitaire, il a sonné le glas d'une vision impériale dont le seul résultat aura été l'impasse irakienne.

Avec son retour dans le commandement intégré de l'OTAN, la France envoie un signal de repli sur la sphère occidentale qui va à rebours de la stratégie d'ouverture impulsée par Barack Obama. Cette décision, prise quand George W. Bush était encore en fonctions, n'est pas le gage d'une nouvelle relation avec les Etats-Unis, ces derniers ayant de plus en plus besoin d'une Europe politiquement forte et indépendante. Au fond, ce repli traduit un triple contresens : sur l'évolution du monde aujourd'hui ; sur le rôle de la France et de l'Europe dans les relations internationales ; sur les garanties de notre sécurité collective.



Le mur de Berlin est tombé depuis presque vingt ans. En vingt ans, de nouvelles puissances ont émergé, à l'image de la Chine, de l'Inde ou encore du Brésil. Les menaces ont changé, les conflits aussi. Les risques d'affrontement entre blocs ont laissé place à une prolifération de guerres civiles et à la déterritorialisation d'un terrorisme transfrontière. Des Etats se sont effondrés, de nouvelles zones grises sont apparues dans les interstices de l'ancien empire soviétique, les trafics de toutes sortes se sont globalisés.


Face à ces bouleversements, l'OTAN a traversé une crise d'identité profonde. Partiellement périmée par l'effondrement du Pacte de Varsovie, la doctrine de sanctuarisation de l'espace Atlantique a été élargie au profit d'une logique d'intervention extérieure, au Kosovo, puis en Afghanistan. Certaines ambiguïtés majeures n'ont pas pour autant été levées. L'OTAN demeure une organisation marquée par la guerre froide, avec pour corollaire le leadership politique et militaire que les Etats-Unis y exercent. Ainsi s'explique sa force d'attraction sur les anciens satellites de la Russie, désireux de s'affranchir de l'"étranger proche" de Moscou en se plaçant sous le "parapluie" américain.


Fermée aux grandes puissances non occidentales, mais ouverte à des théâtres d'opérations extérieures, l'Alliance vit dans un entre-deux délicat. Elle apparaît désormais comme le bras armé de l'Occident dans le monde, sans avoir la légitimité dont bénéficierait une alliance à vocation universelle. Avant de décider d'une réintégration au sein du commandement militaire intégré, il aurait donc été souhaitable qu'un débat politique s'engage sur les nouvelles missions confiées à l'OTAN. Faut-il, alors que d'autres pays s'affirment sur la scène internationale, donner le sentiment de nous crisper sur la "famille occidentale" ?

Ne risquons-nous pas de nous enfermer dans une logique défensive d'avant-hier, alors même que le monde est en train de basculer ? Ne donnons-nous pas le signal de l'enfermement, alors que nous devons être dans un mouvement d'ouverture ?



Dès les années 1960, le général de Gaulle avait compris l'intérêt de jouer un rôle de "pont" entre l'Est et l'Ouest, entre le tiers-monde d'alors et ceux que l'on n'appelait pas encore les pays du Nord. Bien que la donne ait changé, cette posture est plus pertinente que jamais. Le monde a besoin de pays qui jouent le rôle de médiateurs, voire de recours, politique et moral. Cela vaut pour la France. Mais cela vaut aussi pour l'Europe dans son ensemble. L'indépendance de la politique étrangère n'est pas destinée à flatter l'esprit cocardier. Elle est le fondement d'une stratégie d'influence globale destinée à nouer le dialogue, en évitant d'être marqué au fer rouge par l'assignation à un camp.



Bien sûr, le retour dans les structures de l'OTAN ne signifie pas une adhésion de droit à toutes les opérations de l'Organisation, mais il est évident que notre participation aux commandements de l'OTAN fera peser sur nos choix d'engagement une pression morale considérable. L'étouffante pression de l'unanimité ne constituera jamais un gage sûr de notre liberté, car il faut beaucoup de force d'âme pour s'opposer lorsqu'on est seul. Non, le cadre de l'OTAN n'est pas aussi flexible et protecteur de notre indépendance diplomatique que Nicolas Sarkozy cherche à le faire croire. Or, les drames vécus en Irak ont prouvé que la France voyait juste. Cette voix pourra-t-elle encore s'élever demain ? Rien n'est moins sûr. En tout état de cause, ce tournant ne peut pas être pris sans un débat et un vote au Parlement.



Enfin, la réintégration de la France dans l'OTAN aurait pu se comprendre comme un choix tactique s'inscrivant dans le cadre d'
un projet ambitieux pour une Europe de la défense indépendante. Des bases solides pour l'Europe de la défense étaient d'ailleurs selon Nicolas Sarkozy la condition nécessaire à notre retour dans l'OTAN. En lieu et place, on trouve un maigre bilan.

Les importants moyens humains et financiers qui vont être mis au service de l'OTAN auraient eu plus de sens s'ils avaient été précédés par de nouveaux moyens mis au service de l'Europe. On ne peut demander à l'Europe de la défense de progresser tout en consacrant plus de moyens à l'OTAN. Il y a ici une contradiction forte qui ressemble à un choix trop facile de l'OTAN contre l'Europe.

Plus que jamais, il faut doter la France et l'Europe d'une vision stratégique. Les idéaux de paix et de démocratie que les pères fondateurs voulaient pour l'Europe, et qui sont les nôtres aujourd'hui, ne sont pas des horizons qu'il faut invoquer au détour d'un discours : ils sont les fondements réels de notre puissance et de notre rayonnement dans ce monde. L'Europe de la défense n'est pas seulement un dispositif militaire, c'est avant tout un pilier au service d'une identité propre, fondée sur le droit, l'esprit de justice et l'indépendance. Soyons-en sûrs : c'est de cette Europe dont les Etats-Unis et le monde ont besoin aujourd'hui."


Ségolène Royal

 


Retrouvez la tribune
sur le site du Monde.fr

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Mercredi 11 février 2009
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Internationaliser le combat laïque et social


« La laïcité se voit attaquée à la fois par tous les fanatismes religieux et par les fanatiques d’une dérégulation du monde qui, sous couvert de loi du marché, visent à asservir les plus faibles »



Deux ans après les premières Rencontres laïques internationales (Montreuil, février 2007), cette formule garde son actualité. Notre monde est dans une position singulière et explosive : une crise économique mondiale sans précédent, un accroissement inédit des inégalités sociales et de la pauvreté partout dans le monde, la destruction des protections sociales solidaires et des services publics par les corsaires d’une Europe néolibérale, l’extrême-droitisation des structures religieuses de toutes obédiences, l’exacerbation des tensions identitaires, la montée du nauséabond "Choc des civilisations" instrumentalisé par les dirigeants du monde, le recul du droit des femmes, les communautarismes se portant au secours des puissants de ce monde et de leurs politiques néolibérales et liberticides, etc.


Tout est entrepris pour détruire la laïcité, pour s'attaquer au droit des femmes et pour faire des intégristes des interlocuteurs privilégiés au détriment des démocrates.

Citons, en France, le financement des écoles confessionnelles sur fonds publics et, sous l'actuel gouvernement, le discours de Latran, typique de l’Opus Dei, ou encore la coupe franche des subventions aux centres de planning familial.

Autres exemples en Europe et dans le monde :


- A Bruxelles, l'influence des Églises sur les institutions européennes, notamment par l’activisme du lobbying religieux COMECE,

- Au Vatican : l'accueil au sein de l’Église catholique des intégristes antisémites et négationnistes, les propos sur « la pollution de l’environnement par la pilule contraceptive »,

- En Algérie, violation de l’espace privé, remise en question des libertés individuelles et de conscience, ce qui se traduit par la chasse aux « infidèles » et la diabolisation de toute une région au nom de la « protection » de l’islam,

- Au Moyen-Orient, l'élimination des militants laïques arabes et palestiniens au profit des intégristes musulmans, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien sur place et à distance
-
 En Grande-Bretagne, la légalisation de la polygamie,

- A l’ONU, la tentative d’instaurer le délit de blasphème au mépris de la liberté de conscience,


La liste est longue des dangers qui pèsent sur le monde d’aujourd’hui ! Pourtant, ici et là, quelques lueurs d’espoir :

- Depuis le début du siècle, la Suède a une constitution qui sépare l’État suédois et l’Église luthérienne,

- En France, la loi du 15 mars 2004 interdit le port des signes religieux à l’École publique,

- En Algérie, le premier parti politique incluant dans son titre et son programme la laïcité est né en 2008,

- Plus récemment encore, la Bolivie a voté une Constitution où l’État se trouve séparé de l’Église catholique.

Partout dans le monde, de nombreuses mobilisations ont lieu pour lier le combat laïque et le combat social : en France, en Pologne, en Espagne, en Iran, en Irak, en Afrique du Nord, en Europe, en Amérique du Sud, etc.

Plus que jamais, nous devons internationaliser le combat laïque et social pour créer le rapport de forces de demain. Dans le contexte des prochaines élections européennes, et au-delà, l'Union des familles laïques (UFAL) organise les


2e Rencontres Laïques Internationales
en collaboration avec l'ADLPF (Association des libres-penseurs de France), le Grand Orient de France, le MEL (Mouvement Europe et Laïcité), la revue ProChoix et avec le soutien de la ville de Saint-Denis (93)


les samedi 4 avril et dimanche 5 avril 2009
à la Bourse du Travail de Saint-Denis (93200)
9-11, rue Génin – (Entrée rue Bobby Sands)


PROGRAMME


Samedi 4 avril

De 14h à 16 h : Aujourd’hui comme hier, la raison contre l’obscurantisme
De 16h 30 à 18h 30 : Les luttes féministes, une lutte centrale

Dimanche 5 avril
De 10h à 12 h : Contre les discriminations, construire des institutions républicaines
De 14h à 16h : L’école face aux défis de la marchandisation et des communautarismes
De 16h à 17h 30 en conclusion : La laïcité économique, pierre angulaire de la République sociale


Pour être informé du contenu du programme,
merci de vous préinscrire sur le site www.laicity.info

 

 

Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Lundi 9 février 2009

    Vincent Peillon était samedi dernier l'invité de l'émission "Parlement hebdo" (LCP-AN). Il y a critiqué le fond comme la forme de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy.

Par LA SAVOIE AVEC SEGOLENE ROYAL
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Lundi 9 février 2009

J' ai l'honneur et le plaisir chers internautes, de vous annoncer que par un puissant désir de cohérence politique et de lisibilité Ségolèniste  , au service du Socialisme du XXI ème siècle en Savoie , j'ai décidé, de répondre favorablement à l'appel amical d'Hugues Manouvrier, afin de rejoindre son mouvement socialiste, l'Espoir à gauche 73 .

Cette décision, est le fruit ,d'une réflexion méthodique, nourrie par l'expérience de la campagne interne à notre motion E, avant et pendant le congrès Fédéral de Savoie.
Cela fut un douloureux  spectacle permanent de division et de déchirement d'egos, alimenté par l'influence maladroite d'intervenants extérieurs qui croyaient pouvoir piloter notre campagne fédérale en misant sur la presse ou sur l'émotion surranée d'un pseudo canal historique qui se voulait donneur de leçons, moralisateur, anti fédéradeur et en définitive destructeur.

C'est ce même "canal pseudo historique local " qui bien avant les prémisses d'une éventuelle ouverture au niveau national ,qui se fait toujours attendre ... ; se rua, (sitôt la défaite honorable encore chaude et assumée dignement par notre valeureux, ex-candidat Nicolas Chapuis ),
au service du TSS afin de consommer avidement, tous les offices et toutes les prébendes généreusement offerts par la direction actuelle, soucieuse bien entendu, d'éviter l' explosion d'une cohésion politique difficile à mesurer, vous en conviendrez aisément avec moi, chers camarades ...

En effet, il y a quand même de quoi s'interroger, quand les mêmes, qui sous le fallacieux prétexte de connivence avec les méchants camarades non encartés à DA, sabotaient impunément nos réunions (destinées à créer une dynamique triomphante en Savoie ),
se retrouvent à tracter avec zèle sur les marchés, des missives fédérales amputées de toutes propositions pouvant ressembler de près ou de loin à des mesures de notre magnifique motion majoritaire
dans le Parti (faut il encore le rappeler ...) "L'espoir à gauche fiers d'êtres socialiste " !

Oui mes cher(e)s ami(es), nous perdons peut être le scrutin national en Savoie où il y avait largement la place d'éviter un TSS , fomenté par la motion D, au service d'un candidat sérieux, issu de la motion A, aujourd'hui en situation, qui pourtant avait légitimement contacté notre représentant entre les deux tours ...

Celui ci a cru pouvoir malheureusement, gagner tout seul, contre tous et sans aucunes concertations
préalables ...


C'est avec fierté, qu'aujourd'hui je renonce, enfin, à cautionner moralement tant d'amateurisme et d'échecs politiques surréalistes, pour mener le combat des idées et proposer un désir d'avenir à gauche en Savoie au service de nos concitoyens, qui souffrent d'une politique gouvernementale antisociale et brutale au seul profit des actionnaires et des banques d'affaires ...

Ce combat j'ai l'honneur désormais de le mener auprès d'Hugues Manouvrier, un homme intègre et d'une intelligence rare, ses qualités humaines étant le moteur d'une action, qu'il mobilise sincèrement au service de la collectivité Savoyarde.


Une réunion est prévue le vendredi 27 février, à 20 heures : (le lieu sera précisé ultérieurement)

Venez nombreux et nombreuses !

Amitiés Socialistes,

Andy Pasquon,
(membre du Conseil Fédéral PS de Savoie)
                             

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