Discours de Ségolène Royal
Bastille le 6 mai 2012
Bravo et merci. Peuple de France. Peuple libre ! Peuple fier ! Peuple rebelle ! Peuple rebelle et qui le restera. Avec nous, avec la gauche, le peuple restera au cœur de tout et en avant de tout
parce que pendant 5 ans, il a été écarté de tout. Alors continuez à rester debout, à rester en mouvement, à rester vigilant parce que nous voulons être la voix des sans-voix et donner de la
visibilité à tous les invisibles qui ont subi pendant 5 ans le pouvoir de la droite et le pouvoir des marchés financiers.
C’est parce que vous, peuple de France, vous resterez vivants, debouts, enthousiastes, fraternels, que nous pourrons construire la République apaisée qui donne à chacun le moyen de maîtriser sa
vie et de croire au progrès, et de donner à tous les enfants de France, un avenir et un espoir pour demain, et pour maintenant. Cette fête de la Bastille, cette fête de la Bastille, c’est la fête
de la fraternité, de la solidarité. Celle qui a tant manqué pendant ces cinq années.
Merci peuple de France. Merci à vous tous et à vous toutes. Cette victoire c’est la vôtre ! Et nous sommes là pour transformer cette victoire dans un progrès social et humain. Et avec nous, les
banques au lieu de commander, vont maintenant obéir. Il y a aura des résistances, vous allez voir. Le pouvoir de l’argent est toujours là. Alors mobilisez-vous pour la campagne des législatives
pour donner à la gauche les moyens de transformer et de réussir le changement. Le combat continue, nous sommes ensemble et nous le resterons. Cette énergie populaire, elle est là pour réussir le
changement, la justice, le progrès, l’égalité, l’égalité des chances, la France métissée qui est ce soir si nombreuse.
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Monsieur le Maire, Chers amis,
C’est ici, dans cette Charente qu’il aimait tant, que François Mitterrand a commencé à se passionner pour l’histoire de France.
« On ne peut rien faire avec la France si on ne l'aime pas » disait François Mitterrand.
La France, il l'aimait.
Il aimait sa longue histoire et sa culture.
Il aimait et défendait les « grandes idées » qui avaient, disait-il, « soulevé le monde ».
Il ne voulait pas la France livrée aux clans et aux déchirures : il la voulait unie.
A l'opposé de ceux qui attisent les peurs, il en appelait toujours « à la part noble, à la part fraternelle, à la part courageuse que le peuple français porte en lui ».
Il rappelait sans cesse que la France n'est jamais aussi grande, entendue, respectée que quand elle porte un message universel et y conforme ses actes.
De nouvelles dominations, disait-il aussi, se substituent à celles qu'on a détruites, c'est pourquoi il faut à chaque époque chercher à nouveau comment tenir la promesse républicaine fondatrice de liberté, d'égalité et de fraternité : « le combat change de forme mais pas de sens », nous expliquait-il
C’est ainsi que François Mitterrand n'a jamais sous-estimé l'acharnement des intérêts financiers coalisés.
Nous sommes plusieurs ici à nous souvenir de ce message prémonitoire qu'il nous a dressé lors du dernier Conseil des Ministres de 1993 : ils s'en prendront aux retraites, à la santé, à la sécurité sociale car ceux qui possèdent beaucoup veulent toujours posséder plus et les assurances privées attendent de faire main basse sur le pactole. Vous vous battrez le dos au mur.
Il savait la rudesse de ce combat permanent.
Le courage : courage dans la Résistance, courage dans le combat politique, courage face à la maladie, courage face aux calomnies d’une violence extrême qui pourtant ne l’ont pas fait dévier de la ligne qu’il s’était fixée : alors qu’il maîtrisait parfaitement l’art de la langue française et qu’il avait le trait parfois féroce ; il s’est toujours refusé, lui, au relâchement langagier et aux attaques personnelles. En un mot, il avait de la tenue dans le combat politique. L’époque, hélas, s’est bien dégradée même sur ce plan là.
« Dans les épreuves décisives, disait-il, on ne franchit l'obstacle que de face ».
Certains, même parmi ses adversaires, saluent le stratège. Si la politique est aussi un art d'exécution, il possédait ce talent-là au plus haut point. Mais l'essentiel est au-dessus : dans la constance de convictions dont il a toujours tenu le cap car, pour les plus importantes d'entre elles, très tôt forgées, dès la guerre : « je ne me sentais pas né, a-t-il écrit, pour vivre citoyen d'un peuple humilié », là où s'enracine également son idéal européen et dès les camps de prisonniers où il disait avoir vécu les moments les plus forts de fraternité.
Il fut - et, dans le contexte d'aujourd'hui d’un Etat si loin d’être irréprochable, cela mérite tout particulièrement d'être rappelé – il fut, l'artisan d'une extension sans précédent des libertés publiques, le défenseur sourcilleux de l'équilibre de nos institutions et de la séparation des pouvoirs, le garant intraitable de la liberté d'expression, le gardien de l'Etat de droit.
Robert Badinter s’en souvient mieux que quiconque.
Il a, avec Pierre Mauroy et Gaston Defferre, accompli la grande réforme de la décentralisation dont la droite prend aujourd'hui le contre-pied pour mettre au pas les collectivités territoriales que François Mitterrand avait libérées pour rapprocher le pouvoir des citoyens.
Il avait une profonde compréhension des jeunes et de leur capacité de révolte.
Il n'aurait pas, lui, moqué les jeunes qui manifestent contre les réformes injustes, lui qui en Mai 68, déclare à l'Assemblée Nationale : « la jeunesse n'a pas toujours raison mais le pouvoir qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort ».
Amoureux des livres, familier des libraires, il a aussi soutenu toutes les formes de création contemporaines et populaires, du spectacle vivant à la Fête de la Musique, inventée par Jack Lang.
Epris du riche patrimoine français, infiniment sensible à la beauté des églises romanes que notre région compte en nombre, il eut aussi l'audace de gestes architecturaux à la pointe de la modernité, qui ont redessiné la capitale, n’est-ce pas Bertrand (la pyramide du Louvres, la grande Arche de la Défense, la grande bibliothèque qui porte désormais son nom).
Ici, nous lui devons l'inscription du Marais Poitevin au nombre des grands travaux présidentiels, seul projet rural retenu à ce titre. Ce fut un soutien décisif pour la sauvegarde et le développement de notre « Venise Verte » que menaçait un tracé d'autoroute brutal pour cet éco-système fragile et unique. Je me souviens de ce mois de février 1994 où il est venu lancer les travaux sur le petit port maraîchin d’Arçais, dans ma circonscription des Deux-Sèvres. Il avait merveilleusement évoqué ce marais mouillé qu'il connaissait bien, les lentilles d’eau qui se referment dans les conches après le lent passage des bateaux, la terre et l'eau qui se confondent, les vaches maraîchines transportées dans des plates, la merveilleuse « interpénétration entre la force et la richesse de la nature, l'imagination et le rêve de l'homme ». On y éprouve, avait-il dit, « une sorte de sentiment d'éternité dans la beauté ».
François Mitterrand fut aussi visionnaire et notamment dans un domaine d'une actualité brûlante : l'Europe.
On sait avec quelle détermination inflexible, il a relancé la construction de cette Europe qu'il avait trouvée moribonde.
Jamais il n'a voulu qu'elle se limite à un grand marché libre-échangiste : « l'Europe, disait-il, n'est pas une manufacture ».
Il voulait non seulement une union monétaire mais aussi une union économique capable d'investissements à long terme pour préparer l'avenir ensemble.
Il a inlassablement plaidé pour une Europe sociale « faute de quoi, écrivait-il, les travailleurs d'Europe détourneront la tête et ces regards absents livreront la Communauté à la solitude des mourants ».
Il voulait une Europe démocratique qui ne reste pas le « monopole d'une élite technocratique ».
Une Europe politique capable de tenir son rang, de protéger les siens et de peser dans un monde voué à devenir multipolaire.
Une Europe, aussi, capable d'assurer collectivement sa défense.
Il disait que l'Europe n'est pas l'ennemie des patries et voulait une France forte dans une Europe forte.
Il avait annoncé ce qu'il en coûterait de tarder et de tergiverser : « le réveil des nationalismes haineux et des xénophobies ».
A voir ce qu'il en est de l'Europe du moment (solidaire à reculons, mal aimée de ses peuples, attaquée par les marchés financiers, tentée par diverses formes de repli, peu capable de parler d'une même voix), comment ne pas être frappé par la lucidité et la force des avertissements de François Mitterrand ? C’est un appel pressant pour agir avant qu’il ne soit trop tard !
Enraciné dans ces lieux, Jarnac et la Charente, dont il disait combien les paysages et les traditions l'avait façonné, François Mitterrand était en même temps habité par une ample vision du monde : sa pensée et son action articulaient avec aisance ces deux dimensions.
Il avait le sens du temps long, des lenteurs de l'histoire et, tout autant, celui des accélérations et du « moment à empoigner » pour infléchir le cours des choses.
Il incarnait personnellement et donc comprenait profondément les différentes facettes (« contraire n’est pas forcément contradictoire », disait-il) de l’histoire et du peuple de France. Il les a mis au service d’une ambition transformatrice et d’un projet non seulement de société mais, comme il disait de civilisation : c’est la plus actuelle et la plus féconde de ses leçons, conserver ce qui doit l’être et transformer, cela doit aller ensemble.
Cet alliage et cette alliance de tout ce que nous sommes et tout ce qui nous a faits, il les a mis au service d'une ambition transformatrice et d'un projet non seulement de société mais, comme il disait, de civilisation : c'est peut-être la plus actuelle et la plus féconde de ses leçons.
Conserver et transformer, cela peut et cela doit marcher ensemble.
« On est du pays de son enfance » disait-il « et mon enfance, c'est la Charente », écrivait-il dans le très joli texte que nous vous avons offert en souvenir de cette journée.
C'est d'abord cette ville de Jarnac dont il aimait qu'elle cultivât le respect de soi et celui des autres, mêlant comme un trait de civilisation locale qu'il appréciait l'art de la bonne distance et la solidité de liens que ne rompent pas les désaccords passagers.
Merci à vous, François Mitterrand, de nous unir, ici et maintenant.
Ségolène Royal
Bonsoir à toutes et à tous.
En cette nouvelle année, je tiens à vous adresser mes voeux les plus chaleureux.
Et en le faisant je pense d'abord à toutes celles et tous ceux qui sont dans la peine, dans la solitude, dans les souffrances de santé, tous ceux qui ont perdu leur travail ou tardent à en retrouver un.
En cette année qui s’achève beaucoup de Français sont dans la difficulté. Des millions de Français ont ressenti davantage de pauvreté et ont parfois même basculé dans la misère.
Qui peut vivre aujourd'hui avec le Smic ou même avec un peu plus ?
Qui peut élever une famille, yer son loyer, payer ses charges, s'offrir ainsi qu'à sa famille un peu de culture avec des salaires si bas alors que dans le même temps, on apprend que les patrons du CAC 40 ont, en 2009, gagné en moyenne 190 fois le Smic.
Et pourtant, l'année qui vient doit être une année d’espoir, une année de reconstruction, une année qui voit la France renouer avec son histoire, la France qui sait qu’elle détient en son cœur des forces de reconquête , un dynamisme exceptionnel, un potentiel qui ne demande qu'à s'épanouir, des capacités d’innovation et de création.
Moi je crois à cette France qui se bat.
Je vois la France qui souffre mais je vois aussi la France qui espère ,qui a envie d’avancer ,qui a envie d’autre chose, fidèle à sa tradition de solidarité et de fraternité.
Et c’est pourquoi je veux aujourd'hui vous donner un message d’espoir.
Les forces de progrès et de la gauche sont au travail pour qu'au cours de l’année 2011, chaque citoyen, chaque citoyenne puisse réfléchir, prendre en main son destin et choisir le moment venu, le modèle de civilisation que nous aurons à construire ensemble.
Au cœur de ce modèle, il y a d’abord la France qui protège.
La responsabilité de tout pouvoir politique est de protéger les Français.
Or aujourd’hui, dans la France dans laquelle nous vivons, seules les grandes fortunes, les sytèmes bancaires, le capitalisme financier ont non seulement été protégés mais ils se sont enrichis.
Face à tout cela, la France a du ressort . Nous ne ne sommes pas passifs.
Parce qu'il y a un potentiel d’innovation, une soif de liberté, une volonté d'égalité .
C'est l'égalité, c'est la justice qui deviendront un facteur d'efficacité économique.
Nous savons qu’une autre société plus juste et plus humaine est possible.
Nous savons que la dictature des marchés financiers peut être combattue.
Nous savons que les intérêts particuliers conduisent à la remise en cause inadmissible de la protection de l’environnement, à l'image du moratoire sur l’énergie photovoltaïque alors que nous devons placer beaucoup d’espoir dans la croissance verte, créatrice d’activités et d’emplois et qu’il n'y a aucune raison de reculer sur cette exigence de protection de la planète, qui crée en même temps des entreprises performantes dans notre pays si nous les soutenons.
L'espoir est là parce que les Français sont là.
Ils l'ont prouvé en 2010. Le peuple français s'est levé, il a bougé, a protesté contre cette remise en cause inacceptable de notre système de sécurité sociale et du droit à accéder à la retraite après une vie de labeur.
La mobilisation extraordinaire contre cette destruction d'un pan entier de notre système de protection sociale prouve que nous sommes en mouvement.
C’est pourquoi, même si beaucoup de choses ne vont pas bien l’espoir est là.
Et je veux d’abord que l’année 2011 soit une année pour une grande cause nationale de l’emploi des jeunes et que toutes les entreprises s'y mettent. Qu'elles comprennent que c'est en tendant la main aux jeunes, pour un emploi, pour une formation en alternance, pour un apprentissage, qu'elles comprennent qu'en servant les jeunes , elles se servent elles mêmes et c'est comme cela que la France avancera.
La demande de respect et de justice est si profonde que l’année 2011 doit être l'année de la construction d’un autre modèle de société et celle d’un élan populaire qui nous conduira vers la victoire de 2012.
Pas la victoire d'un camp contre un autre mais la victoire de tous les Français qui veulent que ça change
De tous les Français qui veulent que la France se relève. De tous les Français qui ont envie de bâtir une France, la France dont nous serons à nouveau fiers. Le chemin n’est pas forcément facile mais nous serons de plus en plus nombreux à le vouloir et nous y parviendrons tous ensemble.
Très bonne et très heureuse année à chacune et à chacun.
Ségolène Royal
Selon un sondage IFOP réalisé le 30 novembre à paraitre vendredi dans France Soir, 57% des sympathisants du PS approuvent la candidature de Ségolène Royal aux primaires organisées par le Parti socialiste.
Il nous a semblé utile de vous le dire car dans le même sondage ramené à tous les Français, droite et gauche, ce qui n'a pas de sens,
la proportion est de 37% de Français qui approuvent. Et comme on connaît les manipulations de présentation des sondages, vous n'êtes pas à l'abri d'un matraquage sur vos écrans et radios d'un :
"63% des Français ne sont pas d'accord avec Ségolène Royal". Un citoyen informé en vaut deux!
Face à une Droite qui ne cache pas sa préparation à la prochaine présidentielle pour faire réélire Nicolas Sarkozy, il est temps de partir à l'écoute des Français pour mieux se rassembler, pour agir juste, et les convaincre que nous devons et pouvons ensemble prendre notre destin en mains.
L'équipe de Ségolène Royal
Depuis plusieurs jours, la tension est montée d'un cran dans le conflit social contre la réforme des retraites.
Les salariés de l'entreprise TOTAL de Grandpuits qui bloquent l'accès à la raffinerie, dénoncent la réquisition de certains des grévistes, décision relevant des Préfectures représentantes de l'Etat au niveau des Collectivités Territoriales.
Le problème qui se pose est celui de savoir si une telle mesure est susceptible de porter atteinte à un droit reconnu constitutionnellement en France : le droit de grève.
L'Article 7 du Préambule de la Constitution de 1946 stipule que "le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent". Le Préambule de la Constitution de 1946 fait partie intégrante du "bloc de constitutionnalité" qui comprend outre la Constitution de 1958 actuellement en vigueur, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, les Principes Fondamentaux reconnus par les Lois de la République et enfin depuis 2004, la Charte de l'Environnement.
Le droit de grève est donc un droit sacré sur le sol français mais est aussi doublé d'une reconnaissance internationale. En effet, l'Article 8 du Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels édicte le fait que "les Etats parties au présent Pacte s'engagent à assurer [...] d) le droit de grève, exercé conformément aux lois de chaque pays [...]". Au niveau européen, l'Article 28 de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne énonce que "les travailleurs [...] ont, conformément au droit communautaire et aux législations et pratiques nationales, le droit [...] de recourir, en cas de conflits d'intérêts, à des actions collectives pour la défense de leurs intérêts, y compris la grève".
La grève requiert toutefois trois conditions :
- un arrêt total du travail,
- une concertation des salariés,
- une ou des revendication(s) professionnelle(s).
Dans le cas des salariés de l'entreprise TOTAL, ces trois conditions sont pleinement remplies.
Reste maintenant à savoir dans quelle mesure, la réquisition peut intervenir.
Le droit français est très strict dans ce domaine et énonce clairement dans l'Article L2215-1 du Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT) qu'en "cas d'urgence, lorsque l'atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publiques l'exige et que les moyens dont dispose le préfet ne permettent plus de poursuivre les objectifs pour lesquels il détient des pouvoirs de police, celui-ci peut, par arrêté motivé, pour toutes les communes du département ou
plusieurs ou une seule d'entre elles, réquisitionner tout bien ou service, requérir toute personne nécessaire au fonctionnement de ce service ou à l'usage de ce bien et prescrire toute mesure utile jusqu'à ce que l'atteinte à l'ordre public ait pris fin ou que les conditions de son maintien soient assurées".
Il faut donc qu'il y est "atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publiques". Dans le cas présent, les salariés bloquent un site industriel appartenant à une multinationale (droit privé), en l'occurrence TOTAL.
Il faut ensuite un "arrêté motivé" afin de "réquisitionner tout bien ou service, requérir toute personne
nécessaire au fonctionnement de ce service". Les salariés de la raffinerie de Grandpuits et leurs avocats pointent un manque de motivation de la part du Préfet de
Seine-et-Marne.
En effet, une réquisition est en principe décidée en cas de nécessité absolue ou de menace pour les besoins essentiels de la Nation. Ce qui veut dire en clair, priorité aux véhicules de secours et d'assistance. Une réquisition est donc généralement mise en oeuvre pour les besoins de santé publique.
Ici, les salariés grévistes ont toujours déclaré qu'ils n'empêcheraient pas l'alimentation des "hôpitaux, [et des] services publics, mais [qu'il était] hors de question de lever le barrage pour alimenter les stations-services de Total dans un but lucratif".
A la suite de ces arrêtés de réquisitions, les salariés avaient annoncé la saisie d'un juge des référés, qui en vertu de l'Article L521-2 du Code de Justice Administrative, "peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures".
Kévin Bernardi
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